Interview Maïssane Narjis – Journal de la danse orientale











Maïssane Narjis est une danseuse et professeur de danse orientale. Voici son Interview :



1 – Peux-tu nous dire trois mots qui représentent pour toi la danse orientale et pourquoi?


Musicalité : ce qui m’a marqué la première fois que j’ai vu de la danse orientale, c’était l’aisance de la danseuse à illustrer la musique. A interpréter les percussions mais aussi chacun des instruments qui composent un morceau. La danseuse orientale pour moi est au service de la musique.

J’hésite entre ces deux termes, qui pour moi se complètent bien métissage/modernité : la danse orientale est le fruit de la rencontre de plusieurs peuples, de plusieurs cultures, traditions. C’est une danse très ancienne, qui perdure et qui a toujours su évoluer avec son temps, grâce au métissage. Aujourd’hui c’est une danse à la croisée des mondes. Entre Orient et Occident une danse qui est universelle, et qui continue sans cesse d’évoluer, en gardant ses sources orientales. En se mariant avec les danses contemporaines, modernes et classiques.




2 – A quel moment as-tu décidé de devenir professionnelle et pourquoi?

En fait, dès mon premier cours de danse orientale (j’avais 13 ans), j’ai su que c’était cette danse qui me correspondait.  Je voulais m’épanouir dans ça plus tard. Pour moi ça a été un véritable déclic dès le premier cours de danse. Et depuis, je n’ai cessé de travailler, de m’entraîner et de me former. Parce que je suis une véritable passionnée, je ressens ce besoin de danser constamment. Mais aussi pour parfaire ma technique en tant que danseuse et enseignante.

J’assistais déjà très jeune mon professeur dans les répétitions des différents groupes mais également dans l’organisation des événements (dès l’âge de 15 ans). J‘ai commencé à donner des cours à l’âge de 18 ans grâce à mon professeur qui m’a laissé reprendre sa place dans une Mjc. En parallèle, je débutais des études de droit. Mais l’appel de la danse a été plus fort, et j’ai décidé de me lancer à ce moment-là. Je ne voulais plus attendre pour m’épanouir véritablement dans ce qui me plaisait. Selon moi, il n’y a rien de plus triste que de bercer sa vie avec des regrets en se disant tous les jours « et si je l’avais fait ? » .



3 – Quel festival as-tu préféré et pourquoi?

Je n’ai pas fait énormément de festivals en France pour l’instant, mais je salue déjà l’initiative de toutes les organisatrices qui dynamisent notre activité, qui lui

‘Oriental Marathon. Déjà pour moi il a une valeur sentimentale, car ça a été mon premier festival auquel j’ai assisté à l’âge de 16 ans, et j’étais déjà tout excitée de rencontrer, et de danser auprès de professionnels connus et reconnus, que je regardais tous les jours en vidéos sur Youtube !

C’est également dans ce festival que j’ai fait mes premiers stages avec Dariya Mitskevich, dont je suis folle amoureuse (mais elle n’est pas au courant il ne faut pas lui dire hihi). Ce qui m’a vraiment plu dans ce festival et m’a poussé à revenir de la 1ere édition jusqu’à aujourd’hui, c’était la qualité de l’accueil, je me sentais comme chez moi, l’équipe de bénévole est très pro dans la gestion du festival, mais très chaleureuse et bienveillante avec toutes les stagiaires. J’ai rencontré aussi beaucoup d’autres danseuses, qui sont devenues par la suite des amies, des collègues. Et l’ambiance est très festive ! On s’éclate véritablement pendant tout un week-end et on ne regrette absolument pas le déplacement. C’est un festival que je conseille à toutes les élèves, quel que soit leur niveau, de faire au moins une fois, car c’est là qu’on découvre tout l’univers et toute la communauté de la danse orientale en France mais aussi dans le monde.



4 – Quel a été ton premier coup de cœur artistique et le tout dernier?

J’en ai eu plusieurs qui ont marqué ma danse et mon parcours mais je vais essayer de résumer les plus importants pour moi. Le premier coup de cœur artistique a été ma première prof de danse Nadia Jalal. Déjà, comme j’étais très jeune, j‘étais fascinée par sa féminité, sa sensualité et son élégance. Je la trouvais très belle quand elle dansait et je voulais absolument lui ressembler (c’est super mignon ce que je viens d’écrire hihi). Elle est très pointue sur la technique, mais également

Outre le fait qu’elle soit une excellente pédagogue, qui m’a cultivé sur la musique mais aussi sur l’histoire de chaque style, je trouve que c’est une danseuse très JUSTE dans sa danse et dans son interprétation. Je pense qu’il est très difficile d’acquérir la justesse et la simplicité en tant qu’artiste, car ça demande beaucoup de maturité. C’est un long chemin dans son apprentissage autant artistique qu’intérieur. Mon dernier coup de cœur, qui dure depuis maintenant de nombreuses années, et j’ai tendance à ne jurer que par elle et elle m’inspire beaucoup, c’est Dariya Mitskevich. C’est une danseuse qui est impressionnante techniquement c’est indéniable. Mais ça n’est pas ce qui m’intéresse le plus chez elle. Elle a une énergie particulière dans sa danse dû aux danses de salon qu’elle a pratiquée étant jeune pendant 11 ans, qui rendent sa danse complète, à la fois sportive et douce, très axée sur les respirations, sur les variations entre puissance et légèreté. Je la trouve très intelligente dans sa danse, ses chorégraphies et dans ses choix musicaux. A la fois très orientale et moderne, elle illustre parfaitement la musique et sa danse est universelle, selon moi c’est une danseuse qui plait autant à un public non initiée à la danse orientale qu’à un public de professionnel.

5 – Quel est ta plus grande ambition dans la danse?


 Leur donner tout ce que j’ai pu acquérir au fil des formations et de mes recherches. Ma plus grande ambition serait que mes élèves me surpassent. Ensuite, j’aime beaucoup organiser des événements, des spectacles, des soirées orientales. J’aimerai pouvoir en organiser plus avec le temps mais surtout des plus importants. Pour prouver au public français que cette danse a sa place sur une scène artistique. La faire reconnaître pour ce qu’elle est : une discipline à part entière. Mais aussi pour que les danseuses aient de plus en plus l’occasion de danser sur de belles scènes et qu’on puisse voir émerger de nouveaux talents.


6 – Quel est ton style préféré et pourquoi?

En tant que public j’aime tous les styles. En tant que danseuse j’ai une préférence pour le sharki, pour les pop romantiques et quelques fusions. J’aime quand la musique me permet une performance à la fois technique et artistique.

7 – Quel est ton prochain gros projet?

Je vais organiser prochainement un événement, qui débutera par un spectacle. J’invite de nombreux artistes et également des élèves sur scène. Cela se terminera par une soirée orientale où le public nous rejoindra pour danser. Seront proposés différents stands autour du thème de l’orient. J’aime beaucoup ce format d’événements, car le public assiste à un spectacle professionnel et ensuite devient lui aussi acteur de la soirée. C’est une soirée sous le signe du partage et de la convivialité, qui pour moi sont des notions qui font partie intégrante à notre danse et c’est ce qui fait sa magie.

8 – Quel est ton plus beau souvenirs?

C’est compliqué de répondre à cette question, car chaque jour en danse est un beau souvenir ! Mais je crois que un de mes plus beaux souvenirs est ma soirée orientale de l’année dernière que j’ai organisé sur Onet-le-Ch